Les PFAS sont des substances chimiques de synthèse, inexistantes à l’état naturel, utilisées pour leurs propriétés anti-adhésives, imperméables ou anti-feu.
Leur particularité ? Elles persistent durablement dans l’environnement et dans nos organismes.
La semaine dernière, un rapport de la Commission européenne nous a encore alertés sur ce sujet : d’ici 2050, la pollution aux PFAS pourrait coûter entre 330 et 1 700 milliards d’euros en Europe. Ces montants astronomiques représentent les coûts de la dépollution des sols et de l’eau, mais aussi les dépenses de santé liées à l’exposition.
Car les risques sont bien réels. Près d’un Européen sur six pourrait présenter un niveau de contamination élevé, avec des conséquences graves : cancers, troubles hormonaux, baisse de la fertilité, endométriose, maladies rénales, obésité…
La question est donc simple : qui va payer ?
De nombreuses ONG réclament l’application du principe pollueur-payeur à l’échelle européenne. En France, ce principe est déjà une réalité depuis début 2026, grâce à l’adoption de la loi contre les PFAS, portée par Nicolas Thierry et obtenue après la victoire de mon groupe à l’Assemblée nationale.
Partout en Europe, les alertes se multiplient. Plusieurs pays (Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suède) proposent depuis déjà plusieurs années une interdiction totale des PFAS. Mais ce projet est freiné par les lobbies industriels.
En parallèle, la France fait face à ses propres défis locaux sur ce sujet : près de Lyon la semaine dernière,, 192 riverains de la “vallée de la chimie” ont saisi la justice contre Arkema et Daikin Chemicals, réclamant plus de 36 millions d’euros pour réparer les préjudices liés à l’une des plus grandes pollutions aux PFAS du pays.
Et la contamination ne se limite pas à la vallée de la chimie : en Dordogne, nous avons testé 10 habitants de la circonscription et tous étaient positifs.
Les responsables de cette pollution doivent payer.
En France comme en Europe, il faut des règles et des incitations économiques fortes pour réduire drastiquement, voire interdire, l’usage des PFAS. La santé publique est en jeu.