Tous les 15 jours, je publie une tribune dans l’Essor Sarladais sur un sujet qui me tient à coeur.
Cette semaine il a été question de l’emploi dans nos campagnes.
Loin d’être en retrait, la ruralité s’impose comme l’un des moteurs de l’emploi et de la transition écologique. Nos campagnes regorgent de savoir-faire, de ressources et d’un fort potentiel humain. Elles sont déjà, et peuvent devenir davantage encore, des territoires d’avenir.
Un récent rapport du Réseau Action Climat, fondé sur les travaux du cabinet Sémaphores, le démontre clairement : la transition écologique peut créer massivement des emplois dans nos campagnes.
D’ici à 2030, près de 3 millions d’emplois seront nécessaires pour réussir la planification écologique en France. Parmi eux, plus de 100 000 emplois pourraient être créés dans les zones rurales dans le secteur privé.
Dans de nombreux territoires ruraux, le chômage est souvent inférieur à la moyenne nationale. Pourtant, ces espaces font face à deux fragilités majeures : un manque d’emplois nouveaux et le vieillissement de la population active. Ce constat n’a rien d’inéluctable.
La transition écologique constitue au contraire une réponse concrète et structurante à ces enjeux. Elle s’appuie sur des secteurs déjà bien implantés dans les campagnes : le bâtiment, l’énergie, l’industrie, l’eau, les déchets ou l’agriculture et leur ouvre de nouvelles perspectives. Parmi elles, la rénovation énergétique des bâtiments apparaît comme le principal moteur de création d’emplois, avec des besoins massifs, durables et non délocalisables. Un scénario ambitieux permettrait de mobiliser près de 200 000 emplois dans ce secteur dans les territoires ruraux à l’horizon 2030.
La planification écologique est aussi une chance pour les territoires ruraux les plus fragiles, notamment ceux marqués par la désindustrialisation. Une réindustrialisation au service de la transition permettrait de redynamiser ces bassins de vie : dans un scénario volontariste, plus de 90 % des territoires ruraux en difficulté seraient gagnants en emplois.
Les Français vivant en milieu rural ne s’y trompent pas. Comme ailleurs, près de deux tiers d’entre eux estiment que les politiques publiques en faveur de la transition écologique ne vont pas assez loin. Ils attendent des réponses adaptées aux réalités de chaque bassin de vie, étroitement articulées avec les acteurs locaux de l’emploi et appuyées par un investissement fort dans la formation et l’accompagnement des compétences.
Au-delà de la transition écologique, d’autres secteurs vont se développer dans les prochaines années : le vieillissement de la population va accroître les besoins en métiers du soin et de l’accompagnement à la personne. Parallèlement, le développement d’une souveraineté alimentaire favorisera la création de nombreux emplois.
À l’approche des élections municipales, l’enjeu est clair : faire de la planification écologique un projet de développement local, créateur d’emplois et d’espoir.
Les territoires ruraux ne sont pas à la marge de la transition : ils en sont l’une des clés indispensables !