Francis Hallé est parti mais les forêts qu’il a aimées continuent de parler pour lui.
Il y a quelques jours, nous avons appris la disparition de Francis Hallé, botaniste et infatigable défenseur des forêts à travers le monde. Celui qui a consacré sa vie à réveiller notre capacité à regarder les arbres avec attention et émerveillement.
Sa pensée était à la fois simple et profondément révolutionnaire : les arbres ne sont pas des objets mais des êtres vivants. Des êtres qui coopèrent entre eux, qui s’adaptent, qui résistent aux changements, qui ressentent et qui se déplacent.
Pendant des décennies, il a défendu la protection des forêts en allant plus loin que la simple conservation : il appelait à cesser d’intervenir et à les laisser vivre librement.
On se souviendra de ses expéditions scientifiques du Radeau des Cimes menées entre 1986 et 2012 en Afrique, en Asie et en Amérique latine, qui ont mis en lumière le rôle fondamental des forêts tropicales et primaires dans la régulation du climat.
On se souviendra aussi de ses livres illustrés, de ses prises de parole passionnées, et de son dernier projet visionnaire : faire renaître une forêt primaire en Europe de l’Ouest et sanctuariser 70 000 hectares pendant 800 ans !
Comme il le disait lui-même, protéger la forêt, c’est accepter de perdre le contrôle. Et à l’heure des bonnes résolutions, en ce début d’année 2026, cette idée peut nous guider : lever les yeux, regarder les arbres qui nous entourent et renouer avec la beauté et la sagesse qu’ils offrent.