Notre assiette en dit long sur notre état de santé : ce que nous mangeons influence directement notre santé globale.
Alors que l’obésité progresse, que 7 à 16 % des Français sont en situation de précarité alimentaire et que 44 % des jeunes consomment régulièrement des plats transformés, il devient essentiel de mettre en place, rapidement, des politiques permettant à chacun d’accéder à une alimentation saine et durable.
Le 19 novembre dernier, trois articles publiés dans la revue médicale de référence The Lancet ont mis en évidence les effets particulièrement nocifs des aliments ultra-transformés sur la santé.
Ces produits (élaborés à partir de procédés industriels et contenant de nombreux additifs, édulcorants ou arômes) constituent aujourd’hui un facteur majeur de l’augmentation mondiale des maladies chroniques : maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancers, dépression…
Et ils sont omniprésents : ils représentent environ 80 % des produits alimentaires proposés en grande distribution.
Les lobbys agroalimentaires jouent évidemment un rôle dans cette situation. Ils mobilisent des stratégies bien connues : désinformation, financement d’études biaisées, création du doute…
Pour donner un ordre de grandeur, des multinationales comme PepsiCo, Coca-Cola ou Mondelez ont consacré 13,2 milliards de dollars à la publicité en 2024, soit 4 fois le budget total de l’Organisation mondiale de la santé.
En France, le sujet est particulièrement d’actualité. La semaine dernière, la “Stratégie nationale alimentation, nutrition et climat”, attendue depuis plus de deux ans après les travaux de la Convention citoyenne pour le climat, devait être présentée par les ministères de la Transition écologique, de la Santé et de l’Agriculture.
Sa publication a finalement été reportée : des discussions seraient encore en cours, notamment autour de l’inclusion (ou non) du terme “produits ultra-transformés” dans la feuille de route.
Pourtant, la science est claire. Et face à cet enjeu majeur de santé publique, nous devons agir rapidement.
Il est urgent de permettre une meilleure information des consommateurs avec un étiquetage plus clair comme le nutri-score qui devrait être obligatoire en France et en Europe.
Il nous faut des politiques fiscales permettant de rendre plus accessibles les produits qui ont un meilleur profil nutritionnel et qui ne sont pas ou peu transformés.
Il nous faut réguler la publicité et le marketing notamment à destination des enfants. C’est ce qui a été fait au Chili où la promotion des produits ultra transformés a été interdite à la télévision de 6 h du matin à 22 h.
Enfin, il faut investir massivement dans la prévention, l’éducation à l’alimentation et la sensibilisation aux risques liés à ces produits.