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Pourquoi j’ai voté contre le budget de la Sécurité sociale

Élection du Président de l'Assemblée nationale au scrutin secret à la tribune, à l'Assemblée nationale le 18 Juillet 2024 - Vote de Sébastien Peytavie
Élection du Président de l'Assemblée nationale au scrutin secret à la tribune, à l'Assemblée nationale le 18 Juillet 2024 - Vote de Sébastien Peytavie

J’ai voté contre le budget de la Sécurité sociale. Ce vote a été extrêmement difficile.

Ce texte ne répond pas à l’urgence dans laquelle se trouve notre système hospitalier. Il perpétue l’austérité, alors même que les hôpitaux sont à l’agonie.

Je l’ai vécu dans ma chair après des mois passés à l’hôpital. Tout est rationné. À Brive, ça commence par de la soupe en brique que doivent se partager 17 patients. À Sarlat on rationne même l’accueil aux urgences, fermées 30 jours en 2023, ou les accouchements, suspendus pendant 138 jours.

Des soignants épuisés à qui l’on demande de revenir sur leurs congés, des retards de diagnostic, des chambres à 38 degrés l’été, des gens qui restent 48 heures aux urgences, et un 15 qui ne peut plus tout absorber avec des conséquences dramatiques.

Ce budget ignore la réalité : 2,9 milliards d’euros de déficit hospitalier. L’hôpital de Sarlat en est l’un des exemples concrets, déjà fragilisé, il subira de plein fouet les effets d’un budget injuste.

Je salue les avancées, comme la suppression du gel des prestations, la fin du doublement des franchises médicales ou encore le renoncement à remettre en cause l’exonération des apprentis. Nous avons obtenu 4 milliards supplémentaire pour l’ONDAM et une suspension de la réforme des retraites. Mais elles ne suffisent pas à masquer l’orientation du projet.

Accepter ce texte, c’est acter le rationnement de l’accès aux soins pour des millions de nos concitoyens.

Ce PLFSS poursuit la chasse aux arrêts de travail, aggrave les inégalités territoriales avec un ONDAM insuffisant, et met en place un système de bonus-malus dans les hôpitaux. Une logique qui pénalisera en priorité les établissements de proximité, notamment en milieu rural, contraints de recourir à l’intérim, 50 % plus coûteux, faute d’attirer des internes. Ces hôpitaux, dont la charge de personnel est souvent plus élevée que la moyenne rapportée à leur activité, seront directement visés.

S’y ajoute une hausse de la taxe sur les mutuelles, qui se répercutera sur les assurés, en particulier les retraités, et une augmentation de l’ONDAM sans recettes à la hauteur des besoins réels. Alors, qui va payer ? Les retraités, le personnel soignant, les plus vulnérables, les familles précaires.

Ce budget ignore aussi le secteur de l’autonomie. Une enveloppe supplémentaire de 150 millions a été prévue. Mais les associations estiment les besoins à 12 milliards d’euros pour faire face au vieillissement de la population et aux besoins des personnes handicapées. Ce budget ne répond qu’à 1 % des besoins réels. 1 %.

C’est l’un des votes les plus terribles, chacun sait que nous ne disposerons pas d’une meilleure option à court terme. Mais cela ne rend pas ce budget plus acceptable.

C’est pourquoi j’ai voté contre ce PLFSS injuste et insuffisant. Il a néanmoins été adopté à l’Assemblée nationale, avec seulement sept voix d’avance.

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