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Projet de loi d’urgence agricole : pourquoi j’ai voté contre le texte

Seb AN

Il est 00h29, je viens de voter contre le projet de loi d’urgence agricole.

Voter contre ce texte n’est pas voter contre les agriculteurs.

Nous ne devons pas opposer agriculture, environnement et santé publique.

Je tiens même à saluer certaines avancées : l’interdiction d’importer des produits agricoles traités avec des pesticides interdits en France, le renforcement de la place de la viande française dans la restauration collective, et l’obligation de développer l’agriculture biologique dans les zones les plus polluées.

Des avancées réelles pour nos agriculteurs, notre souveraineté alimentaire et notre santé.

Mais le reste du texte soulève de vives inquiétudes.

Sur la gestion de l’eau, il donne davantage de poids aux acteurs économiques dans les décisions de partage de la ressource. La notion de sobriété a été supprimée. Les règles de protection des zones humides sont assouplies.

En Dordogne, la sécheresse en cours est la plus sévère jamais enregistrée, plus marquée encore qu’en 1976.

Depuis le 1er mars, à peine 150 mm de pluie sont tombés en quatre mois et demi, et Météo France n’annonce aucune amélioration avant la fin juillet.

Résultat : plusieurs sous-bassins du département viennent de basculer en alerte renforcée, voire en crise, et des tensions apparaissent désormais jusque sur des cours d’eau réalimentés.

Dans ce contexte de sécheresses répétées et de tensions déjà fortes sur nos cours d’eau, l’eau doit rester un bien commun géré dans l’intérêt général.

Autre recul majeur : la réautorisation de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France.

Une décision prise à huis clos, le gouvernement ayant refusé de soumettre au vote cette réintroduction des pesticides, un an après une pétition signée par plus de deux millions de citoyens.

Un déni de la mobilisation citoyenne et du consensus scientifique sur les risques sanitaires de ces produits.

Le texte est tout de même adopté.

Je continuerai à défendre une agriculture qui protège les paysans, préserve notre santé, l’eau et le vivant

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