Emmanuel Macron s’apprête à nommer Amélie de Montchalin, actuelle ministre des Comptes publics, à la présidence de la Cour des comptes.
La Cour des comptes est pourtant une juridiction indépendante, chargée de contrôler la régularité, la sincérité et la bonne utilisation des finances publiques. Elle joue un rôle essentiel dans l’équilibre de nos institutions et dans le contrôle de l’action de l’exécutif.
En la nommant à ce poste, la ministre sera donc amenée à contrôler… les comptes qu’elle pilote encore aujourd’hui. Cocasse, diront certains. Inquiétant, surtout.
Ce choix s’inscrit dans une série de nominations profondément partisanes. En plaçant une fidèle à la tête d’une institution clé, Emmanuel Macron assume une logique de verrouillage des contre-pouvoirs.
Après la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, c’est un nouveau pilier de notre démocratie qui se retrouve fragilisé par une décision politique.
Dans le même temps, le gouverneur de la Banque de France met fin à son mandat avec un an d’avance, ouvrant la voie à une nouvelle nomination présidentielle.
Institution après institution, Emmanuel Macron place ses proches aux postes stratégiques. Cette concentration du pouvoir, au mépris de l’esprit de séparation des pouvoirs, affaiblit la confiance démocratique et alimente la défiance citoyenne.
Une démocratie a besoin de contre-pouvoirs réellement indépendants. Pas de nominations entre amis.