Alors que la crise au Moyen-Orient s’intensifie, la situation des agriculteurs français devient chaque jour plus critique.
Le 11 mars dernier, j’ai écrit au ministre chargé de la Ruralité pour alerter sur les conséquences directes de cette instabilité : une nouvelle flambée des prix de l’énergie qui touche l’ensemble de nos territoires ruraux et frappe de plein fouet des agriculteurs déjà fragilisés.
Le coût du GNR explose. Et cela arrive au pire moment : à l’approche des semis, des épandages, des fenaisons. Travailler la terre va devenir un luxe.
Et cette hausse ne s’arrêtera certainement pas là : elle entraînera inévitablement des augmentations de tarifs qui finiront par se répercuter sur l’ensemble de la population.
Faut-il rappeler que nos agriculteurs cumulent déjà les difficultés ? Crises sanitaires, concurrence internationale, revenus insuffisants… Les problèmes s’accumulent, et l’inaction du gouvernement persiste.
Dans le même temps, certains se réjouissent.
Le groupe TotalEnergies profite de la hausse du prix du pétrole. Son PDG, Patrick Pouyanné, évoque même un « jackpot » avec un baril à 100 dollars. Les actions du groupe s’envolent. Mais derrière ces profits, il y a une réalité : des femmes et des hommes qui n’arrivent plus à vivre de leur travail.
Ce décalage est inacceptable.
TotalEnergies ne peut pas continuer à profiter de la situation sans rien faire : l’entreprise doit instaurer un plafonnement du prix du GNR.
Et le gouvernement doit cesser de regarder ailleurs. Nous avons besoin de mesures concrètes : un véritable bouclier énergétique pour les activités agricoles, une politique de sobriété ambitieuse et une stratégie de relocalisation pour renforcer notre souveraineté alimentaire.
Car ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas une crise passagère. C’est le révélateur de nos dépendances.